|
Du Cap Corse de son enfance battu par les vents José
Lorenzi a gardé le souvenir du bleu intense comme un
symbole d'absolu, marqueur d'une peinture baignant dans la
lumière violente de l'été méditerranéen.
Des aquarelles marines qu'il traçait sur un papier
à six ans aux toiles maîtrisées que l'on
trouve dans les galeries de Paris et de New-York, le parcours
de l'artiste connaît une créativité féconde
freinée un temps par une parenthèse stérile
due à "la mort de l'art". Aux quatre coins
du monde, de l'Amérique du Nord à l'Afrique
en passant par l'Île Maurice, les oeuvres de José
Lorenzi enrichissent des collections particulières
et jusqu'aux caves du Musée d'Art Moderne à
Paris.
Mais c'est à Bastia, dans sa galerie du 31 boulevard
Paoli, que José Lorenzi tient une exposition permanente
où il reçoit parfois ses amis et son public
fidèle. Son parcours exemplaire suit les soubresauts
de l'histoire de l'art durant la seconde moitié du
XXe siècle.
Peintre corse créant en Corse, José Lorenzi
a su donner le goût du beau à des graines de
créateurs. Fondateur d'une section Arts plastiques
dans le cadre du lycée Marbeuf, à Bastia au
début des années 1960, il a été
le pygmalion de nombreux peintres, sculpteurs et stylistes
de renom. L'art subit alors une crise dont il ne sort pas
indemne.
Après 1968, le pionnier des sections artistiques dans
l'Éducation Nationale connaît une période
de doute qui l'éloigne de la création. De cette
traversée du désert surgit un nouveau regard
sur la vie, fortifié par cette conviction que le monde
peut être embelli d'un revers de couteau sur une toile
vierge.
|